La religion et la spiritualité

La religion et la spiritualité. Bien souvent il y a confusion entre ces deux termes. Commençons par les définir en utilisant le dictionnaire : pour le Larousse, la religion est « un ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’homme avec le sacré » et « un ensemble de pratiques et de rites spécifiques propres à chacune de ces croyances. ». La spiritualité quant à elle est « la qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité ».

Dogmes versus liberté

Nous voyons donc déjà assez facilement se dégager une grande différence : les dogmes d’un côté, et une sensation de liberté de l’autre.  En effet, toute religion, quelque qu’elle soit est régie par des codes, des rituels, des croyances, des règles, bref tout un tas « d’instructions » à suivre. Et insidieusement, cela implique que si toutes ces instructions ne sont pas correctement suivies, il y aura « punition divine », un peu comme un parent punirait son enfant s’il ne fait pas correctement ses devoirs.

La spiritualité de son côté tend à rendre l’homme conscient de ce qu’il est profondément : un être spirituel, donc si on suit la définition du dictionnaire, un être « dégagé de toute matérialité ». Elle permet à l’Homme de se réapproprier sa véritable nature. La spiritualité n’est pas dénuée de règles, mais celles-ci n’emprisonnent pas l’être humain. Ces règles rejoignent le bon sens et la logique du « bien vivre ensemble » principalement…..

Croyances et Foi

Religion et spiritualité sont toutes les deux concernées par des croyances telles que la Foi en un Dieu ou en plusieurs Dieux pour une religion, Foi en un « créateur » de toute vie pour la spiritualité. Mais sur ce point précis, il me semble que tout n’est qu’une question de mots… Par contre la spiritualité amène l’Homme à avoir Foi en lui-même, en lui rappelant qu’il a au fond de lui cette petite partie du grand Tout, tandis qu’une religion expliquera plus volontiers que l’Homme est perdu sans son Dieu….

Chaque religion s’est appropriée l’existence d’entités invisibles telles que les anges, les divinités etc…. On se rend vite compte que ces icônes sont présentes pour chaque religion, mais sous des noms, voire des formes différentes. Ainsi, les anges, très présents dans la religion catholique, le sont aussi dans la Kabbale, l’Islam, etc… Car ces anges sont eux aussi des créatures divines, faisant partie de ce grand Tout. C’est pourquoi il est tout à fait possible, par exemple, pour un guérisseur athée, de « travailler » en collaboration avec les anges. Les différents noms qui leur ont été donnés en fonctions des religions ne sont d’ailleurs que des inventions des hommes.

La religion et la spiritualité

Mais alors, peut-on être à la fois religieux et spirituel ? Il me semble qu’en effet, les deux sont compatibles. Pour moi, c’est comme si la spiritualité englobait toutes les religions…. Quelques soient nos croyances, la grande idée commune est d’être au service de ce « Dieu », de ce « Créateur », de la « Vie » en fait. Alors, quelles que soient nos croyances, les rituels que nous impose notre religion, les textes que nous lisons, si nous sommes dans cette démarche d’ouverture de cœur, d’amour envers soi-même et les autres, je pense qu’alors nous avançons tous dans la même direction. Je dirais que tant qu’une religion n’emprisonne pas ses croyants, tant qu’elle leur laisse cette part de libre arbitre nécessaire, alors, elle peut être en effet une alliée à la spiritualité.

Mais dans certains cas, il y aura incompatibilité entre les deux. Quand par exemple, un enfant grandit dans une famille très « religieuse », lui inculquant l’aspect punitif, la peur de son Dieu, l’idée du rejet des autres religions aussi. L’enfant va grandir sans aucun libre arbitre, sa pensée sera façonnée. Toute autre idée qui ne serait pas issue du texte sacré suivi par ses parents sera à renier… L’enfant une fois devenu adulte va se retrouver confronter à de nouvelles idées et croyances. Et il peut alors être très perturbant pour lui d’adhérer à d’autres idéologies. Même si elles offrent pourtant plus de liberté. S’affranchir des dogmes imposés peut-être réellement difficile. D’autant plus que cet adulte peut avoir la sensation de trahir ses parents. Un travail sur soi est alors nécessaire pour dépasser cet héritage religieux afin de retrouver sa liberté d’être et de penser.

Trouver le juste équilibre

Pourtant un équilibre entre nos racines familiales et notre désir d’ouverture spirituelle est possible. Des valeurs telles que l’écoute, la compassion, la compréhension des besoins de l’autre aideront grandement ce cheminement. L’acceptation que ces parents eux-mêmes ont subi ces dogmes permettra de comprendre leur propre difficulté à en sortir ou à accepter d’autres principes de vie.

L’ouverture de cœur et d’esprit, le libre arbitre et la liberté de pensée sont à mon sens les clefs pour que toutes les religions et toutes les spiritualités puissent avancer les unes à côté des autres. Et si simplement, on s’apercevait que les différences entre elles ne sont liées qu’à des mots créés par des humains ? Que nous parlons tous d’Amour mais avec des termes différents ? Peut-être alors, serons-nous ces êtres de lumières que notre nature humaine a tendance à cacher….